05/10 - Soutenance de thèse de M. Grégory GIBERT

14h
Soutenance de thèse

M. Grégory GIBERT soutient sa thèse de science politique intitulée "Les courtiers du symbolique. Le conseil en influence aux marges du champ du pouvoir" le 05 octobre 2026 14h en salle des Actes (FSJPS - 1 place Déliot à Lille - demande d'accès obligatoire pour les extérieurs 48h avant auprès de l'ED). Elle a été préparée sous la direction des Pr. Jean-Gabriel Contamin et Nicolas Kaciaf au sein du CERAPS.

Membres du jury

M. Jean-Gabriel CONTAMIN  Professeur des universités  Université de Lille  Directeur de thèse
Mme Magali NONJON  Professeure des universités  Sciences Po Aix, MESOPOLHIS  Rapporteure
M. Stéphane OLIVESI  Professeur des universités  Université de Versailles Saint-Quentin-en-Yvelines  Rapporteur
M. Nicolas KACIAF  Professeur des universités  Sciences Po Lille / CERAPS  Co-directeur de thèse
M. Loïc BLONDIAUX  Professeur des universités  CESSP-Université Paris 1 PANTHÉON-SORBONNE  Examinateur
M. Jérémie NOLLET  Maître de conférences  Sciences Po Toulouse / UTOPI (UMR 5311)  Examinateur
Mme Anne-Cécile DOUILLET  Professeure des universités  Université de Lille/CERAPS  Examinatrice
   
Résumé :  

Cette thèse propose une sociologie politique des professionnels de la « communication d’influence ». Situés à l'intersection des champs politique, économique et médiatique, ces acteurs revendiquent une expertise dans la gestion de l'opinion et l'orientation de la décision publique. En mobilisant une méthodologie mixte - ethnographie participante, analyse quantitative, prosopographie des agents, entretiens semi-directifs, méthodes visuelles - elle démontre que ces agents constituent un sous-champ participant à la division du travail de domination. L'hypothèse centrale soutient ainsi que les consultants en communication d'influence agissent comme des intermédiaires spécialisés dans la gestion de l'incertitude symbolique qui affecte les agents du champ du pouvoir. Leur position repose moins sur une efficacité objectivable que sur leur capacité à produire et entretenir la croyance en leur maîtrise des mécanismes de l'influence. La thèse se déploie en trois mouvements. La première partie s’attache à objectiver les structures de cet espace social, polarisé entre logiques institutionnelles et créatives, et marqué par une forte homologie sociale entre les consultants et le personnel politique. La deuxième partie explore la tension centrale de l'activité : la contradiction entre la prétention à un rôle politique et la réalité d'une subordination marchande. Elle montre comment les communicants tentent de convertir des intérêts économiques particuliers en enjeux d’intérêt général, participant ainsi à une nouvelle division du travail de domination. Enfin, la troisième partie analyse les mécanismes de production de la croyance, en démontrant que la position de ces acteurs repose moins sur une efficacité technique objectivable que sur leur capacité à entretenir des « mythes professionnels » propres à alimenter, au cœur même du champ du pouvoir, la croyance en leur maîtrise souveraine des mécanismes de l’influence contemporaine.

 
Abstract:  

This thesis develops a political sociology of professionals in “influence communication.” Positioned at the intersection of the political, economic, and media fields, these actors claim expertise in managing public opinion and shaping public decision-making. Drawing on a mixed-methods approach combining participant ethnography, quantitative analysis, prosopography, semi-structured interviews, and visual methods, it shows that they constitute a subfield that contributes to the division of the labour of domination. Its central hypothesis is that influence communication consultants act as specialized intermediaries in managing the symbolic uncertainty affecting agents within the field of power. Their position rests less on objectively demonstrable effectiveness than on their capacity to produce and sustain belief in their mastery of the mechanisms of influence. The thesis unfolds in three parts. The first objectifies the structures of this social space, polarized between institutional and creative logics, and marked by a strong social homology between consultants and political personnel. The second examines the central tension structuring this activity: the contradiction between the claim to a political role and the reality of market subordination. It shows how communication professionals seek to convert particular economic interests into matters of general interest, thereby contributing to a new division of the labour of domination. The third analyzes the mechanisms through which belief is produced, showing that these actors’ position depends less on objectively measurable technical effectiveness than on their capacity to sustain “professional myths” that reinforce, at the very heart of the field of power, belief in their sovereign command of the mechanisms of contemporary influence.